Echanges locaux : entre accorderies et monnaies complémentaires

Accorderie2Depuis une dizaine d’années, les systèmes d’échange local (SEL) se multiplient.  Les adhérents offrent des biens ou des services et, au sein du SEL les échanges s’effectuent sur la base d’une comptabilisation en une monnaie propre au SEL, sans possibilité de thésaurisation. Cette obligation de circulation contraint chacun des adhérents à être en même temps offreur et demandeur, donc élimine les risques d’inégalités.

Le SEL n’est pas créé pour faire de bonnes affaires, mais pour susciter des liens entre ses membres et permettre à chacun de faire valoir ses talents, même et surtout lorsque la société les dédaigne.

Au-delà de la diversité des règles, on retrouve un esprit commun, des aspirations similaires et des modes de fonctionnement où, derrière les échanges, ce sont les personnes qui sont importantes. C’est en cela que les SEL diffèrent du marché habituel,  explique Jean-Michel Servet dans l’ouvrage collectif Une économie sans argent, les systèmes d’échange local.  Ed. Seuil

« L’échange est un prétexte à la création d’une chaîne de confiance qui se perpétue »

Il y a quelque chose de l’ordre du don dans le SEL : tout comme le don suppose un contre-don pour pouvoir fonctionner durablement, celui qui offre quelque chose dans un Sel ne peut le faire que s’il a quelque chose à demander aux autres membres. Et cette double implication engage profondément et durablement les personnes, contrairement à l’échange m

archand, le plus souvent anonyme et qui cesse une fois le paiement effectué. Dans un Sel, on n’est jamais quitte.

Le principe des Accorderies se distingue des SEL par un système de crédit de temps : travaux de couture, bricolage, babysitting, aide au déménagement…, quel que soit le service échangé, une heure rendue égale une heure reçue. Et si l’Accorderie est « un véritable outil pour lutter contre la pauvreté, elle est accessible à toute personne quelle que soit sa condition sociale ou ses revenus, dans un objectif de mixité sociale »  explique Alain Philippe, Président de la fondation MACIF. En outre, pas de bénévolat à l’Accorderie, si ce n’est celui des membres de son Conseil d’administration. En effet, les Accordeurs qui contribuent au fonctionnement de la structure sont rémunérés en temps

L’accorderie de Lyon 8ème 

Juin 2012

  • Découverte du concept par la directrice de la régie de quartier ECapture d’écran 2015-01-30 à 15.07.38urequa
  • Création de l’accorderie au sein de la régie de quartier

2013

  • Embauche d’une coordinatrice salariée
  • Mobilisation des habitants autour du projet
  • Prospection auprès des partenaires
  • Mise en place des premiers échanges

Printemps 2014

  • Labellisation par la fédération nationale des Accorderies
  • Recherche d’un local (attribution en cours)

Aujourd’hui

  • 55 accordeurs
  • 390 heures de services échangés entre accordeurs et l’accorderie
  • 178 types d’échanges

Objectifs de l’Accorderie

  • Lutter contre l’exclusion sociale et les pauvreté et favoriser la mixité sociale
  • Echanger des services entre particuliers d’un même territoire sur la base de leurs savoir-faire sans aucune contrepartie financière
    • Tisser des liens entre les habitants
    • Valoriser l’ensemble des compétences et savoir-faire des habitants et développer leur pouvoir d’agir

Les principes d’échange

  • 1 heure de service rendu = 1 heure de service reçu
  • L’échange repose sur le temps et non l’argent
  • L’équilibre des échanges
  • Echange et non bénévolat
  • Prise en charge de l’organisme par les accordeurs

Des exemples d’échange (individuels, collectifs, associatifs)

  • Accompagnement, gardiennage d’animaux
  • Administration, emploi, organisation
  • Informatique, bureautique
  • Transport, déménagement
  • Travaux d’entretien, jardinage
  • Cuisine, alimentation
  • Artisanat, couture, vêtements
  • Langues, littérature
  • Sports , loisirs, animation
  • Hébergement, voyage
  • Bien-être esthétique

Les défis d’un système alternatif

  • Faire croître le nombre d’accordeurs et les échanges
  • Stimuler les échanges
  • Favoriser l’intégration de chaque accordeur
  • Trouver une forme de gouvernance équilibrée
  • Recherche de  financements permettant l’indépendance vis-à-vis de la structure porteuse

Pour en savoir plus sur les accorderies

Le projet de lancement de la gonette

Si l’idée est née en 20111, le projet de monnaie locale complémentaire favorisant les circuits courts a été initié en 2014.

L’enjeu : enclencher la transition économique vers un modèle local, en favorisant les circuits courts et l’engagement citoyen. Si les Toulousains peuvent payer en Sol Violette, à Grenoble, on utilise la Zeybu et les basques peuvent avoir des Euskos dans le porte monnaie.  Il existe 25 monnaies locales complémentaires en France, et près d’une vila-gonettengtaine de projets.

Le projet a été accueilli favorablement par la région Rhône-Alpes et la mise en circulation des gonettes devrait s’appuyer sur des quartiers pilotes

Le financement du projet ? la Région Rhône-Alpes, France Active, mais aussi des citoyens convaincus que cette monnaie locale et citoyenne peut dynamiser le tissu économique local

Monnaies locales complémentaires

A télécharger sur le site de la documentation française

D’autres monnaies pour une nouvelle prospérité : mission d’étude sur les monnaies locales complémentaires et les systèmes d’échanges locaux  par MAGNEN Jean-Philippe, FOUREL Christophe, MEUNIER Nicolas

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