Janvier 2014

2014 est une année importante pour le développement d’Agir café. Depuis 2012 nous accompagnons des envies d’agir et poursuivons la réflexion sur l’empowerment d’où nous sommes nés.

Au moment où nous sommes engagés dans le chantier de création d’un site Internet indispensable pour nous donner de la visibilité et communiquer dans nos différents milieux, nous devons trouver le registre le plus approprié pour traduire notre positionnement, nos actions, les résultats de nos expériences.

Expertise et langage

Un des points de vigilance sur lequel nous nous attardons dans cette réunion tient dans la question de l’expertise et du langage. Toutes les « envies d’agir » que nous avons accompagnées s’inscrivent dans l’émergence de nouveaux besoins, imaginés ou révélés par des personnes ou des petits groupes non identifiés. Pour devenir des projets tangibles, elles se sont très vite situées dans des univers hybrides, au carrefour desquels il fallait s’appuyer sur des expertises diverses : sur le fond (le monde du logement, le monde de l’hôpital, le monde de l’éducation, etc.), des tissus institutionnels complexes (le mille-feuilles de nos administrations et services sociaux), des milieux associatifs protéiformes.

Partout un besoin de se repérer, d’identifier qui fait quoi et comment, de décoder les textes, les sigles, les rites et les identités professionnelles. Il y a toujours eu un moment où, face aux barrières technocratiques, ou aux frontières des communautés professionnelles en place, l’énergie a commencé à baisser, et plusieurs de nos envies se sont émoussées.

La place singulière des interventions d’Agir café, en appui de ces envies, a très largement consisté dans une mise en perspective, un débroussaillage institutionnel, culturel et linguistique, qui ne va pas non plus sans injecter de nouveaux codes, de nouveaux outils de management de projets, et de grilles Excel en tous genres. Le risque est grand de contribuer à la désillusion des porteurs d’envies que l’on prétend accompagner et soutenir.

Des projets d’empowerment ?

Il est vrai que les envies d’agir que nous avons connues et accompagnées ne relèvent pas (ou pas encore) des logiques de transformation de rapports sociaux ou politiques à travers des confrontations plus ou moins vigoureuses. A la perspective ouverte par les théoriciens de l’empowerment ou par les dialecticiens(*), nous n’apportons que des cas d’empowerment au second degré, c’est-à-dire des initiatives  qui se donnent comme objectif d’ouvrir  des espaces dont des groupes pourraient se saisir. C’est le cas par exemple du projet de logiciel de délibération prospective pour l’aménagement urbain, comme des projets de soins palliatifs ou de logements solidaires.

D’autres envies d’agir naissent de préoccupations plus sociétales, comme l’envie d’organiser un travail en réseau pour investir sur les très jeunes footballeurs en termes de civilité, ou pour raconter à des jeunes les métiers autrement que par des canaux institutionnels..Elles partent d’un individu, mais ont pour autant vocation à s’élargir : est-ce un problème ?

Le cas des « Raconteurs de métiers »

Nous avons souhaité que nos envies d’agir soient présentées sous une forme narrative, plus propice, semble-t-il à une bonne compréhension de ce qui se joue dans chacune de ces aventures, et Jean-Pierre nous a proposé un texte (voir la rubrique les envies d’Agir en cours) qui présente l’histoire et le devenir de son chantier.

Cette présentation a trois effets :

  • Le premier est de créer un genre de présentation qui pourrait être repris de façon proche par chaque porteur d’une envie d’agir, chaque début d’histoire servant d’accroche pour un dossier d’approfondissement dans notre site. Zéro novlangue d’expert !
  • Le deuxième est de dégager des enseignements : ici, Jean Pierre a retenu quatre leçons de l’expérience
  • Le troisième est d’ouvrir cet espace d’initiative à des participants conviés à sa conception et à sa réalisation…Des volontaires à mobiliser !

Chaque porteur d’envie d’agir est invité à rédiger un texte dans ce format

La question de la légitimité

Le portage de nos différentes envies d’agir se heurte à la défiance fréquente et naturelle de ceux qui ont déjà un passé et des acquis dans le milieu considéré. Il en est ainsi de toute innovation, mais peut-être encore plus d’innovation sociale où les territoires sont très institués. Une double légitimité est convoquée :

  • Celle du groupe comme capacité à être un interlocuteur, et donc à parler le même langage que ses protagonistes (le politique, le technique, etc.. 😉
  • Celle du « leader » reconnu (ou désigné) par le groupe

La question de la reconnaissance par les autres suppose, et d’autant plus si on souhaite leur coopération, d’être identifié, et ce n’est pas nécessairement une question d’expertise ou de titre hiérarchique. Le cas du mouvement de Don Quichotte l’illustre…

N’y a-t-il pas tout simplement une légitimité du mouvement et son écho médiatique ? Un challenge pour notre communication externe : donner envie de nous rejoindre à l’appui de la dynamique de nos envies d’agir ?

Infos diverses

Rédaction d’une note de lecture par  Philippe Bernoux de l’ouvrage de Bacqué M.H., Biewener C., L’empowerment, une pratique émancipatrice

Pierre Rosanvallon, professeur au collège de France est à l’initiative d’une collection de livres et d’un site participatif « Raconter la vie »

Le site agircafe.fr est en chantier et sera présenté lors de l’Agir café du 5 février

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