Edito décembre 2015

pierre_rosanvallonA l’invitation d’Agir Café, Pierre Rosanvallon à Lyon le 8 février 2016

En partenariat avec les associations « Anciela », « Convaincre » et « Ici on peut », Agir café vous invite à une conférence avec Pierre Rosenvallon, Professeur au Collège de France, historien et philosophe des idées.

Sous le titre « Pouvoir d’agir et initiatives des citoyens », cette conférence traitera des questions de démocratie et de citoyenneté. La démocratie représente un idéal largement partagé et ses institutions sont respectées. Toutefois, de nombreuses critiques portent aujourd’hui sur la probité des dirigeants et la distance grandissante entre eux et les citoyens. Ces critiques se traduisent par un affaiblissement de la confiance dans les élus et les gouvernants.

Loin d’être passifs, les citoyens se manifestent activement à la marge des espaces démocratiques traditionnels. Ils multiplient les initiatives qui leur permettent de peser sur la vie politique économique et sociale afin de prendre en charge des pans de la vie sociale, dans une optique collective et accessible à tous. Ils interpellent, se mobilisent, ils sont à l’initiative de pétition, ils demandent l’évaluation et le contrôle des politiques publiques.

Cette capacité d’initiative et d’interpellation grandissante de citoyens qui investissent des espaces peu ou mal couverts dans le champ public actuel, est-elle de nature à compenser, voire à réduire, la défiance d’une partie du corps social et le relatif désengagement face à la démocratie représentative ?

Le 8 février 2016, au grand amphi de l’UCLY, place des Archives à Lyon, nous débattrons de ces questions avec Pierre Rosanvallon. [Pour vous inscrire]


Capture d’écran 2015-11-16 à 22.33.43Résister

… Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse.

Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir.

Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d’établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu’elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d’alliance…

Albert CAMUS, discours de Suède, 1957

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